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Avez-vous besoin d'un testament au Canada ? Ce qui se passe si vous mourez sans testament

Ce qu'un testament contrôle, ce qu'il ne contrôle pas, et comment les règles provinciales de succession ab intestat partagent une succession lorsqu'il n'y a pas de testament.

Presque tout le monde sait qu’il devrait probablement avoir un testament. Bien moins de gens peuvent dire ce qui se passe réellement sans testament, et cette inconnue fait habituellement plus peur que la réalité. La réalité n’est pas le chaos. C’est un ensemble de règles provinciales, écrites à l’avance, qui partagent votre succession à votre place. Ce guide explique ce qu’un testament accomplit, ce qu’il ne peut pas accomplir, et comment ces règles de secours fonctionnent, afin que vous puissiez décider vous-même si le plan par défaut est le plan que vous voulez.

Que fait réellement un testament ?

Un testament est un document juridique qui parle à partir du moment de votre décès. Vous y nommez un exécuteur testamentaire, la personne ou l’institution qui rassemble vos actifs, paie vos dettes et vos impôts, et distribue ce qui reste. Vous dites qui reçoit vos biens, de la maison et des comptes bancaires jusqu’aux objets précis qui portent un sens bien au-delà de leur prix. Si vous avez de jeunes enfants, vous pouvez nommer un tuteur pour eux et créer des fiducies qui détiennent leur part jusqu’à un âge que vous choisissez, plutôt que de remettre une somme importante à un jeune de dix-huit ans, tout d’un coup.

Un testament vous permet aussi de faire des choses plus discrètes et plus attentionnées. Vous pouvez laisser un don à un organisme de bienfaisance qui vous tient à cœur. Vous pouvez dire qui devrait recevoir le chalet familial, et à quelles conditions. Vous pouvez désigner quelqu’un pour prendre soin d’un animal de compagnie. Aucune de ces volontés n’a de poids juridique simplement parce que votre famille les connaît. Elles ont du poids parce qu’elles sont écrites dans un testament valide.

Que ne contrôle pas un testament ?

Un testament régit plus que ce que la plupart des gens s’imaginent, et moins que ce que beaucoup supposent. Certains actifs passent entièrement à l’extérieur du testament, selon leurs propres documents. L’assurance vie assortie d’un bénéficiaire désigné est versée directement à cette personne. Les comptes enregistrés comme un CELI ou un REER assortis d’un bénéficiaire désigné passent habituellement de la même façon. Les biens détenus conjointement avec un droit de survie, ce qui est courant entre conjoints, passent automatiquement au propriétaire survivant.

Les prestations de survivant d’un régime de retraite suivent les règles du régime de retraite et de la loi qui le sous-tend, et non votre testament. C’est pourquoi un testament fonctionne le mieux comme une partie d’un petit ensemble de documents qui concordent entre eux. Quand vous faites ou mettez à jour un testament, il vaut la peine de jeter un coup d’œil aux formulaires de bénéficiaires de vos comptes et de vos assurances, et de vous assurer que les deux racontent la même histoire.

S’il n’y a pas de testament, la succession ab intestat s’applique

Mourir sans testament, c’est mourir ab intestat, et chaque province et territoire a une loi sur les successions ab intestat qui répond à trois questions dans un ordre fixe. Qui a le droit de partager la succession ? Dans quelles proportions ? Et qui peut s’adresser au tribunal pour administrer le tout ?

La forme générale est semblable dans les provinces de common law. Un conjoint survivant vient en premier. S’il y a aussi des enfants, la succession est partagée entre le conjoint et les enfants selon une formule fixée par cette province. S’il n’y a ni conjoint ni enfants, la ligne s’étend aux parents, puis aux frères et sœurs, puis aux neveux et nièces, et plus loin au besoin. Si on ne trouve aucun parent du tout, la succession peut finir par passer à la province elle-même.

Deux conséquences surprennent les gens. D’abord, la formule ne peut pas plier. Elle ne laisse aucune place à l’ami qui a pris soin de vous chaque jour, à l’enfant du conjoint que vous avez élevé comme le vôtre, ni à l’organisme de bienfaisance que vous avez soutenu pendant des décennies, à moins qu’ils n’entrent dans les catégories prévues par la loi. Dans la plupart des provinces, un conjoint de fait est traité très différemment d’un conjoint marié dans une succession ab intestat, et dans certaines provinces, un conjoint de fait n’a tout simplement aucune part automatique. Ensuite, quelqu’un doit quand même faire le travail de l’exécuteur testamentaire. Un membre de la famille doit habituellement s’adresser au tribunal pour obtenir le pouvoir d’agir, ce qui peut signifier des délais et des désaccords exactement au moment où une famille peut le moins se permettre l’un ou l’autre.

Les différences entre provinces sont bien réelles

Au Canada, les testaments et les successions relèvent du droit provincial, et les détails varient véritablement. Le montant qu’un conjoint reçoit avant que les enfants ne partagent, parfois appelé la part privilégiée, est fixé par chaque province, et les chiffres diffèrent grandement. Les règles pour les conjoints de fait diffèrent. L’âge auquel un enfant reçoit sa part directement, et la façon dont elle est détenue jusque-là, diffèrent aussi.

Le Manitoba offre un exemple clair d’une province qui a réfléchi à la question à sa façon. Selon le droit manitobain, si une personne meurt sans testament en laissant un conjoint ou un conjoint de fait et aucun enfant, le partenaire prend généralement toute la succession. Lorsqu’il y a des enfants, le Manitoba partage la succession selon sa propre formule, et le droit manitobain traite depuis longtemps les conjoints de fait qui remplissent ses conditions beaucoup plus comme des conjoints mariés que ne le font certaines autres provinces. La leçon n’est pas le détail manitobain lui-même. La leçon, c’est que votre province a une réponse précise, et qu’elle ne correspond peut-être pas à ce que votre voisin de la province d’à côté suppose.

Le Québec se distingue, comme il le fait dans la plupart des matières juridiques. La succession ab intestat y suit le Code civil du Québec, avec son propre ordre de parents et ses propres parts, et la personne qui règle la succession s’appelle un liquidateur plutôt qu’un exécuteur testamentaire. Rien dans la description générale de ce guide ne devrait être étendu au Québec sans vérifier directement les règles québécoises.

Alors, vous faut-il un testament ?

À strictement parler, personne n’est obligé de faire un testament. La province réglera votre succession sans testament. La question honnête est de savoir si la formule provinciale correspond par hasard à vos volontés. Pour une personne dont toute la succession irait de toute façon à un conjoint, et qui se satisfait du défaut, un testament reste utile en nommant un exécuteur testamentaire et un tuteur, plutôt que de laisser l’un et l’autre à une demande au tribunal.

Pour presque tous les autres, la formule et vos volontés se sépareront quelque part. Une famille recomposée, une union de fait, un enfant handicapé, une entreprise, un chalet, le souhait de se souvenir d’un ami ou d’un organisme de bienfaisance, le souhait de traiter les enfants inégalement pour de bonnes raisons pleines d’amour : chacun de ces éléments est un endroit où les règles par défaut ne peuvent pas vous suivre. Un testament le peut.

Ce qu’il faut retenir, en toute tranquillité

Vous n’avez pas besoin d’un testament parce qu’un désastre s’en vient. Vous en avez besoin parce que votre province a déjà un plan pour votre succession, et qu’il a été écrit pour personne en particulier. Un testament remplace simplement ce plan général par le vôtre, dans vos propres mots, pendant que vous êtes là pour l’écrire.

Liste de préparation : faites le premier pas

Voyez exactement où en est votre propre plan, province par province, en environ deux minutes.

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Questions fréquentes

Que se passe-t-il si je meurs sans testament au Canada ?

Votre succession est partagée selon les règles de succession ab intestat de votre province, qui suivent un ordre fixe de parents. Le tribunal nomme quelqu'un pour régler la succession, vos volontés au sujet des tuteurs de vos jeunes enfants pèsent beaucoup moins lourd, et le processus prend habituellement plus de temps et coûte plus cher que le règlement d'une succession avec un testament clair.

Un testament couvre-t-il tout ce que je possède ?

Non. Un testament couvre généralement les biens qui sont à votre nom seulement. Les actifs assortis d'un bénéficiaire désigné, comme les REER, les CELI et l'assurance vie, passent habituellement directement à cette personne, et les biens détenus conjointement passent habituellement au propriétaire survivant. Votre testament et vos désignations de bénéficiaires doivent concorder entre eux.

Un testament fait dans une province est-il valide dans une autre ?

Généralement oui. Un testament qui était valide là où il a été fait est généralement reconnu partout au Canada. Mais les règles sur ce qu'il peut accomplir, et le processus d'homologation, suivent la province où se trouvent vos biens, alors un testament devrait être revu après tout déménagement dans une nouvelle province.

À quel âge puis-je faire un testament au Canada ?

Dans la plupart des provinces, vous devez avoir au moins 18 ans, et certaines fixent l'âge à 19 ans, ce qui correspond à l'âge provincial de la majorité. Il existe des exceptions limitées, par exemple pour les membres des forces armées dans certaines provinces.

Sources et dernière vérification

Dernière vérification : 2026-10-15

Information générale seulement, et non un avis juridique. Les lois varient selon la province et changent avec le temps. Pour votre situation personnelle, consultez un avocat ou, au Québec, un notaire de votre province. Consultez notre avis de non responsabilité complet.